Début de confinement, bilan de notre première semaine…

Ce jeudi 12 mars 2020, notre président nous a annoncé la fermeture de toutes les écoles, et quand je dis toutes, c’est de la crèche jusqu’aux universités pour lutter contre la propagation du coronavirus.
Beaucoup de questions se bousculent alors dans ma tête à cet instant, vivant seule avec mes enfants et avec un travail prenant surtout en fin de trimestre.

* Tiens mars, c’est une fin de trimestre ça ! Quelle coïncidence ! – Rire jaune -*

Il va donc me falloir jongler entre travail et garde d’enfants avec en option « l’école à la maison », avec le respect que j’ai pour les enseignants, moi je ne sais pas faire ça. Je ne suis pas cette mère pédagogue et patiente, j’ai déjà essayé avec le ski et Lucky, ça n’a pas marché.

Trop de travail pour y penser, je laisse passer le week-end, ma meilleure amie L. passe à la maison où nous refaisons le monde accompagnées d’un verre de vin blanc, une fois les enfants au lit.

On fait des hypothèses, on rigole et finalement, on se décide, on récupère ses affaires chez elle, en vu d’un potentiel confinement, dont on a entendu les rumeurs dans les couloirs de nos jobs respectifs, de nos collègues.

Le lundi soir, le président a mis un terme au suspense : « tous à la maison ! » avec restriction de sorties au plus essentielles comme les courses. Comment dès lors s’organiser entre le travail, qui désormais doit être réalisé depuis la maison, les enfants qui doivent être accompagnés sur leurs activités d’école encore à la maison et toutes les tâches habituelles du quotidien toujours à la maison.

Un peu d’organisation déjà dans sa tête :

Le lundi, nous avons tout d’abord commencer par expliquer aux enfants la situation, en effet, il y a toujours « école », donc il nous fallait mettre des temps de travail dans nos journées, nous avons fait un planning basique sur une feuille avec eux, nous y avons ajouté des temps de sorties et de jeux, pour finir les activités de piano et de guitare.

Cette journée du lundi était assez étrange, nous n’étions pas encore en confinement, mais au lycée, mon travail, il n’y avait que les membres de la direction. J’ai du laisser mon appartement plusieurs fois pour assister à divers réunion de crises, me préparer le travail pour pouvoir le faire depuis la maison, déposer le dernier envoi de courrier. Dans ces conditions, j’étais bien rassurée d’avoir L. à la maison pendant mes absences.

L’école à la maison :

Je me répète mais heureusement que ma meilleure amie L. est à la maison, professeur des écoles en maternelle, elle a toutes les clés pour gérer au mieux ce chapitre et elle connait également mes enfants depuis leur naissance. Elle gère surtout les activités de Lucky (moyenne section), pendant que je « gère » Little C. et mon travail.

* Nous avons suivi les directives des professeurs des enfants. *

Le mail de la maîtresse de Lucky est arrivé dans l’après-midi du lundi, il était très complet, avec différents types d’activités. C’était bien expliqué et elle nous a mis également les supports qu’on a pu imprimer. Il n’y avait pas de timing à suivre, on a fait au rythme de Lucky et étalé les activités sur toute la semaine jusqu’au jeudi, car le vendredi, ils partaient chez leur père.

L’heure du confinement est synonyme de système D, et pour l’activité de tri, nous avons sorti les boites transparentes des restaurants japonnais, tu sais, quand tu prends à emporter. Une activité de tri sur les animaux sauvages et domestiques pour solliciter le langage oral au maximum, puis toujours sur les conseils de la maitresse, L. a poussé plus loin, nom de la femelle, du petit, ce qu’il mange et son lieu d’habitation. Sur les animaux toujours, Lucky a utilisé le « langage robot » qu’il adore, pour compter le nombre de syllabes des mots et les trier en fonction de leur nombre.

Pour les activités de graphisme, la maitresse a voulu faire travailler ses élèves cette semaine sur les lignes brisées, les ponts et les ronds, afin de travailler sur l’écriture. L. a utilisé les supports donnés. Système D oblige, je suis allée récupérer mes vieilles sous-chemises usées, afin de les découper pour obtenir les bandes ou carrés de couleurs dont Lucky avait besoin. D’ailleurs, L. a fait découpé les bandes par Lucky pour lui faire travailler la tenue des outils et la précision de son geste. On reprendra la semaine prochaine, l’activité sur les ponts et les cercles car la peinture devait sécher et qu’il partait chez son papa.

Une autre activité d’écriture cette fois, où Lucky a écrit en gros son prénom en lettre capitale et il a collé par-dessus des petits carrés de couleur. C’est toute la famille qui y s’est mis au final, ma meilleure amie l’a fait pour l’exemple et Little C. aussi après avoir terminé ses exercices, c’est très bien pour se détendre et penser à autre chose.

Du côté de Little C. (CE2), les consignes sont quotidiennes et très formelles, au contraire de la maîtresse de Lucky, le professeur de Little C. est très distant, ne veut pas de retour sur le travail fait, n’invite pas le parent à lui poser des questions, vous voyez ce que je veux dire, je suis frustrée, mais je reste bienveillante, la situation est compliquée, et il se donne du mal pour proposer pas mal de travail, si ma fille rencontre à un moment un problème, je me permettrai de lui demander conseil, on verra si le cas se présente, sa réaction et son implication, pas de jugement hâtif donc.

Français, mathématiques et questions sur le monde, leçons à recopier dans leur cahier et exercices dans les manuels, il n’y aura pas eu pendant ces 5 jours, d’activités artistiques, de leçons sur les droits civiques et ni sur les langues vivantes. Nous verrons si le temps nous permettra de pallier ce manque par la fameuse « ma classe à la maison » du CNED.

Malgré une petite difficulté sur les conversions de mesures, réglée par un « mais c’était trop facile » et une maman plutôt fière d’avoir réussi à garder son calme devant son incompréhension. (je l’avais dit que je n’étais pas pédagogue). Le reste des devoirs a été torché aussi vite que le stock de PQ a disparu des supermarchés.

* Faut tout de même rester derrière elle pour éviter de la voir se disperser dans les nuages, mais il parait que c’est son trait de ressemblance avec moi ! … Oh, un papillon…*

Le travail, non, le télé-travail… option garde d’enfance :

Tiens, moi justement, je travaille dans l’administration de l’éducation nationale, dans un service de comptabilité au sein d’un lycée professionnel, je suis en télé-travail donc, à la maison. La fermeture des établissements, puis le confinement a bouleversé notre calendrier comptable, les dossiers comme le paiement des bourses, sont devenus prioritaires et sont à traiter avant la fin de semaine, vendredi matin même. Ma chance à moi, c’est que je peux travailler selon mes propres horaires, et ça c’est un soulagement pour moi, je peux laisser mon travaille pendant la journée pour gérer les enfants, et le reprendre le soir, voir la nuit.

En effet, je me trouve bien plus efficace entre 22 heures et 2 heures du matin, où je ne suis pas sollicitée de toutes parts, mais comme ça ne suffit pas, je profite des moments où les enfants s’occupe en autonomie, comme lorsque que Little C. s’exerce à son piano ou que Lucky joue avec son circuit de train. Les objectifs de la semaine ont été atteints, les délais tenus, malgré un rythme complètement décalé et des collègues confinés chez eux.

Ce n’est pas fini pour autant, il me restera encore certainement des factures à payer, celles qui arrivent au compte-goutte. Et la clôture de l’année 2019, puisque on était en plein dans le compte financier, je traiterai donc les dernières opération de 2019. On a commencé aussi le pointage des créances du 2ème trimestre qui s’est « terminé » avec la fermeture du lycée. Enfin, il me restera aussi à faire les à clôturer ma régie une fois à jour. Je terminerai sur du traitement de dossier d’élèves, de l’archivage en gros, le truc bien relou de numérisation.

* Deux semaines de travail avant les vacances de Pâques *

Les tâches quotidienne :

On va pas se mentir, des enfants à la maison H24, c’est plus de repas à préparer, plus de vaisselle, plus d’entretien de la maison, plus de temps à ranger leurs jouets. Nous avons d’ailleurs pris le temps de ranger une bonne fois pour toute leur chambre, un tri dans les jouets pour donner ceux qu’ils ne voulaient plus et faire de la place.

On n’oublie pas non plus le linge, et toutes les machines à laver à lancer, à étendre, à plier et à ranger. Si on trouve du temps, on triera le linge trop petit ou trop usé pour continuer de faire de l’espace dans les placards.

* On n’oublie pas d’exploiter sa progéniture histoire de s’alléger le travail. *

Et puis, mars, c’est le mois du printemps, et ça coule de source, le ménage de printemps, et là aussi, L. m’a poussé à la tâche, rangement, nettoyage, tri et réaménagement, cette première semaine de confinement a été plutôt productive. Confinement oblige, on a fait de la récup’ de meuble de bureau destiné à la poubelle.

Les sorties :

Ensuite, nous avons fait un état des lieux des stocks alimentaires, histoire d’acheter vraiment que le nécessaire. J’ai dû sortir 3 fois cette semaine, à chaque fois pour des courses alimentaires, à chaque fois à pieds. Ce n’était pas volontaire, je n’ai pas toujours trouvé ce que je cherchais, malgré les deux magasins près de chez moi, et il fallait se réapprovisionner en légumes et fruits frais, ainsi que tout un stock pour de la pâtisserie. La deuxième fois, j’ai même fait un drive (piéton pour mon magasin de quartier), et là aussi, tout n’était pas disponible. Même au moment où j’écris, il faudra que j’y retourne car nous allons être à cours de certains produits : œufs, beurre, lait…

* Trop de pâtisserie… c’est une quarantaine mais plus 40 kg en plus…*

D’autres sorties nous ont permis de prendre de l’air et de nous défouler, ces sorties se sont faites intra-muros bien-sûr, comme ceux qui ont la chance d’avoir un jardin, j’ai la chance de vivre sur mon lieu de travail et de pouvoir profiter de sa « plutôt conséquente » cour de récréation avec son terrain multi-sport. Le beau temps revenant, nous avons sorti rollers, draisienne, ballons… On reste environ 30 minutes à chaque fois, histoire d’être bien frais pour reprendre nos différentes activités.

* Par contre, la balle aux prisonniers à 4, c’est déprimant…*

Après une semaine de confinement :

Je ne me sens pas ni stressé ni finalement privé de liberté jusqu’à maintenant. Les journées sont bien remplies et on est toujours très occupées entre le travail, l’école à la maison et les tâches ménagères diverses et variées. Donc cette première semaine ne me semble pas ou peu différente que d’habitude.

* Mise à part qu’il faut faire une attestation pour faire les courses maintenant. *

La semaine s’est terminée par l’anniversaire de ma meilleure amie, l’occasion de s’habiller, de se maquiller, de prendre un verre de vin blanc – mousseux – et de refaire le monde en attendant la fin de ce confinement.

Je récupère mes enfants lundi soir et on reprendra notre nouvelle routine. On essaiera de continuer à garder les bonnes habitudes, d’y ajouter les nouvelles qu’on a prises dû au confinement, comme faire le pain ou ranger dès qu’on a terminé quelque chose.

Malgré ce confinement forcé, je reste convaincue qu’il faut y voir le positif, ce n’est vraiment pas difficile de devoir rester chez nous, de plus, pour la plupart d’entre nous, c’est quasi sans conséquence financière. D’autres personnes dans d’autres pays n’ont pas la même chance. Prenons le temps, pour nos enfants d’abord, qu’il n’y ait pas de conséquences sur leur scolarité, et qu’ils le vivent le plus innocemment possible. Et prenons le temps pour nous, pour notre maison, pour nos proches, nous n’avons jamais été aussi connectés malgré la distance, téléphone, email, facebook, instagram et j’en passe…

Profitons-en.

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